10 décembre 2006
France Télécom et Orange sur la route du web 2.0
Avant de commencer ce post une petite précision s'impose : je travaille au sein de la division R&D de France Télécom. Ceci étant dit je garde sur ce blog ma totale liberté de parole :-)
Comme vous le savez certainement si vous suivez l'actualité web française, une énorme conférence dédiée aux évolutions du web va se tenir à Paris les 11 et 12 décembre prochains. Intitulée "le web3", cette conférence est organisée par la société Six Apart, avec le soutien de Orange. A cette occasion, le groupe France Télécom affiche sa volonté de s'engager petit à petit sur la route du web 2.0 : l'annonce de la conférence est répercutée sur la page corporate du groupe, avec la mise en ligne du podcast de Georges Penalver, le directeur exécutif du marketing stratégique et du technocentre d'Orange. Le message de Georges Penalver est un peu trop connoté "accès" à mon goût, mais je pense que c'est un signe encourageant.
Autre surprise de taille : on trouve désormais des flux RSS sur le site corporate de France Télécom ! Ca n'a l'air de rien, mais c'est un grand pas en avant pour un dinosaure comme FT ;-) J'espère que le portail Orange va lui aussi évoluer dans cette direction.
Enfin, pour aller plus loin dans la réflexion, on trouve également sur le site de France Télécom un whitepaper sur le web 2.0 datant de mars 2006, auquel j'ai modestement contribué. Tout de suite un petit extrait "polémique" pour vous donner envie de réagir :-)
Les opérateurs sont pour le moment exclus du mouvement Web 2.0 puisque celui-ci est mené uniquement par des acteurs de l'Internet. Ceux-ci proposent des services sur un réseau peu intelligent - dit "best-effort" - et placent toute leur ingénierie dans des plateformes de services et dans les terminaux. Ceci n'étant pas dans la tradition des opérateurs télécoms, un changement de culture doit s'effectuer. France Télécom aurait alors un rôle à jouer en tant qu'opérateur de services convergents, fournissant des services de contenus, de vie pratique ou encore de communication accessibles via Internet mais avec une valeur ajoutée permise par l'intelligence de son réseau.On notera également que tous les services Web 2.0 partent du principe que l'utilisateur est connecté en permanence pour pouvoir recevoir des notifications, prendre en compte sa présence, etc. En tant que fournisseur d'accès Internet fixe et mobile, cette notion de connexion permanente revêt une importance stratégique pour France Télécom.
14:50 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : web 2.0, web3, france telecom, orange, rss, podcast, penalver
22 octobre 2006
Le long chemin de la déportalisation
S'il est un principe qui caractérise le web 2.0 c'est bien "l'utilisateur aux commandes" : pour faire face à l'abondance d'information et de contenus disponibles sur le web, les utilisateurs ont à leur disposition toute une panoplie d'outils et de services pour choisir et agréger leurs sources d'information favorites. Je parle ici des sites de news collaboratifs comme Digg ou Wikio, aussi bien que des portails personnalisables dont l'emblème est incontestablement Netvibes aujourd'hui.
Je vous propose de revenir sur le chemin qui nous a conduit jusqu'ici. La première étape a commencé il y a une dizaine d'années : il s'agit de l'invention du protocole RSS.
Un peu d'histoire
Après quelques années de travaux dans les laboratoires d'Apple puis chez Netscape, c'est en 1997 qu'apparaît le framework RDF (Resource Description Framework). Il s'agit d'un ensemble de metadonnées qui sert à décrire la structure d'un document XML. Très (trop ?) riche, ce framework sera principalement utilisé en 1999 par Netscape, qui va le simplifier en développant RDF Site Summary. C'est la première naissance du protocole RSS. Netscape l'utilise un temps sur My Netscape Portal (déjà les portails personnalisés...) pour syndiquer différentes sources d'information, mais devant le manque de débouchés commerciaux, Netscape décide de rapidement abandonner ce protocole.
C'est maintenant au tour de la communauté Open Source de s'intéresser de près à ce protocole. Après de nombreux rebondissements (je vous passe les divers embranchements du protocole RSS : 0.91, 1.0, 0.92, 0.93, 0.94 = 2.0...), la version actuelle du protocole RSS est finalisée en 2002. Au passage, la signification de l'acronyme RSS devient Really Simple Syndication, et le New-York Times propose ses informations à ses lecteurs sous la forme d'un flux par catégorie en novembre 2002. C'est ce que Dave Winer, un des fondateurs du protocole RSS, appellera le début de la démocratisation du RSS. Dans la foulée, RSS devient le standard de fait pour distribuer des informations textuelles sur internet, sans se préoccuper de leur affichage. La plupart des grands journaux en ligne se mettent à proposer des flux RSS à leurs lecteurs.
Il faudra attendre l'année 2004 et l'explosion des blogs (qui sont apparus en 1999...) pour voir les prémices de l'adoption de RSS par le grand public. A l'ère de la publication personnelle, RSS est utilisé par les internautes pour être notifiés dès qu'une nouveauté apparaît sur un de leurs blogs favoris. Mais s'abonner à un flux RSS reste compliqué : il existe une multitude de symboles tous plus ésotériques les uns que les autres, et trouver l'agrégateur de flux RSS ultime qui correspond à son besoin est une gageure. La voie vers la simplification s'ouvre en 2005, lorsque Apple intègre un lecteur de flux RSS dans le navigateur Safari. En parallèle, l'icône RSS proposée par la fondation Mozilla s'impose progressivement dans les usages, et elle est finalement adoptée par Microsoft, Apple et Opera. Aujourd'hui on annonce des lecteurs de flux RSS en natif dans Internet Explorer 7 et dans Firefox 2.0, ce qui laisse enfin présager d'un véritable décollage de l'usage de ce protocole en 2007.
Pourquoi tout cela est-il important ?
Tout simplement parce que RSS est au cœur du web : je suis convaincu qu'après 10 ans, cette technologie a atteint la maturité nécessaire pour que nous entrions dans l'ère de la personnalisation de l'internet, dont Netvibes, PageFlakes ou WebWag ne sont que les premières incarnations. Il est intéressant de constater que cette personnalisation accrue pose un défi de taille aux acteurs traditionnels de l'internet : elle met en péril le modèle économique de leurs portails, basé exclusivement sur la publicité. Un nouveau round d'innovation est donc à prévoir, et dans un monde où la consommation d'information se fera de plus en plus souvent grâce au protocole RSS, ce sont de nouvelles métriques d'audience qu'il va falloir trouver. C'est ce que je vous propose de découvrir dans un prochain article :-)
14:55 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rss, history, dave winer, web 2.0, digg, wikio, netvibes
23 avril 2006
Vers une adoption massive de RSS
RSS est un des protocoles au cœur du Web 2.0... mais peu de le monde l'utilise. Il est vrai que le sigle peut rebuter le grand public, et le fait qu'il existe une multitude d'icônes associées à ce sigle n'aide pas les internautes à y voir plus clair ;-)
Heureusement, les choses sont sur le point de changer : une icône semble sortir du lot. Sans surprise il s'agit de celle qui est utilisée dans Firefox.
Là où les choses deviennent réellement intéressantes, c'est que Microsoft semble avoir adopté cette icône pour la prochaine version de leur navigateur internet. S'acheminerait-on tout doucement vers une adoption massive de RSS ? Cela entraînerait un véritable bouleversement dans la manière dont nous consommons l'information sur internet, avec à la clef une fusion des portails et des agrégateurs de flux personnalisés (Netvibes est déjà sur la bonne voie).
11:30 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : rss, web 2.0, netvibes

